Le mentor est-il le nouveau prince charmant ?

Votre société vient de mettre en place un programme de « mentoring », vous vous êtes inscrite et vous espérez  être parmi les heureuses élues qui recevront un « mentor ». Si  vous rentrez chez vous toute contente  en chantonnant « Un jour mon prince viendra ! », lisez ce qui suit, cela vous évitera de passer à côté de votre chance en confondant mentor et prince charmant.


C’est un fait, nous adorons les contes de fée. Depuis que nous autres femmes travaillons, nous ne rêvons plus de devenir des princesses, nous rêvons de devenir des personnes importantes dans notre entreprise. Parfois, ça nous paraît aussi difficile de progresser dans notre carrière que de devenir princesse, d’où la tentation de se chercher un prince charmant des temps modernes qui saura, par sa magie, nous emmener là où nous n’arrivons pas à aller toute seule.

Autant vous dire que ce n’est pas la meilleure manière de démarrer une relation mentorale.
Si vous vous arrivez à votre premier entretien avec votre mentor en lui disant d’un air extasié « Allez-y, mentorez-moi », au mieux il vous expliquera que ça ne marche pas comme ça, au pire, il risque de s’affoler en se demandant ce qu’il doit faire, ou de faire n’importe quoi pour remplir la mission impossible que vous lui infligez.

Aucun mentor ne transformera votre avenir sans votre intense implication, contrairement à Cendrillon qui n’eut qu’à se donner le mal d’enfiler une pantoufle pour devenir princesse.

Voici 4 conseils pour tirer le meilleur parti de votre relation mentorale : 

1. Ayez un objectif précis

Votre mentor apporte dans son panier son savoir-faire, son expérience et son désir de vous aider. De votre côté, vous devez lui apporter un sujet de travail.

Voici quelques sujets fréquemment travaillés dans une relation mentorale :
a. « J’hésite sur l’orientation de ma carrière ; j’hésite entre deux postes, … »
b. « J’ai du mal à me mettre en valeur aux entretiens annuels »
c. « Je suis tout le temps débordée, je ne sais plus quoi faire pour y remédier »
d. « J’ai un projet et je ne sais pas comment m’y prendre pour le mener à bien »   

Le sujet que vous choisirez doit être un réel sujet pour vous, une question qui vous tracasse vraiment et sur laquelle vous avez déjà réfléchi sans arriver à conclure. Résistez à la tentation de faire votre bonne élève en présentant un sujet « intelligent » à votre mentor. Votre mentor n’est pas là pour vous noter, il est là pour vous aider. 

2. Fixez le cadre dès la première rencontre

Une fois votre sujet choisi, discutez avec votre mentor de la meilleure façon de le traiter ensemble. Par exemple, si votre sujet est le choix entre deux postes, cherchez ensemble ce qui sera le plus utile pour vous :  qu’il vous explique comment il a lui-même procédé dans ses choix de poste, qu’il vous éclaire sur sa vision de chacun des postes envisagés, qu’il vous aide à déterminer dans quel poste vous aurez le plus de chance de réussir, ….

En consacrant du temps à bien définir ce que vous attendez, vous éviterez que votre mentor ne fonce dans une direction qui ne vous convient pas.

Cette saine démarche est conseillée à chaque nouvelle rencontre, cela vous permet de varier les angles et d’éviter que votre relation ne s’essouffle dans la répétition. 

3. Restez moteur dans la relation

Restez vigilante sur la valeur ajoutée de vos réunions. Il n’y a rien de pire pour vous comme pour votre mentor que d’avoir l’impression de perdre son temps dans des discussions superficielles ou convenues. Ne simulez pas la satisfaction.

Si vous sentez que votre sujet s’épuise, si vous avez l’impression que votre mentor passe à côté de ce que vous attendez de lui, dites-le lui. Dites-le positivement, sans rancœur ni amertume. Ce n’est ni votre faute ni la sienne, c’est simplement que vous avez besoin de vous re-synchroniser. Exprimez à votre mentor ce qui vous manque et acceptez qu’il vous offre d’autres options si celle que vous attendiez ne l’inspire pas.  

4. Organisez la fin de votre programme

Lorsque vous voyez arriver la fin de votre relation mentorale, faites un pré-bilan et demandez-vous ce que vous voulez faire des 2 ou 3 dernières réunions. Il s’agit de prendre du recul et de vous assurer que vous avez bien fait le tour de tout ce que ce mentor, que vous connaissez désormais mieux, pouvait vous apporter. Si vous avez apprécié son aide, réfléchissez aussi à ce que vous pourriez lui proposer pour garder le contact. Vous pouvez par exemple convenir d’un déjeuner dans 3 ou 6 mois pour le tenir informé de vos progrès.

En restant lucide et impliquée, vous donnerez toutes les chances à votre mentor de vous apporter une aide efficace et vous n’aurez plus besoin de prince charmant pour vivre une carrière de princesse !

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